Dernier message de la Bolivie, mais pour parler de notre excursion au Perou !! Apres les joies tropicales de l'Amazonie, rien de tel qu'une bonne visite au Macchu Picchu pour dire au revoir a l Amerique Latine !
Premiere etape, le trajet La Paz-Cusco en bus, environ 13h, de jour, sans dormir... On commence a s'habituer aux longs trajets mais la, ca faisait quand meme beaucoup ! Cusco, c'est magnifique, très espagnol, tout blanc et très très joli ! La plaza de armas fait andalousie, le quartier San Blas et ses petites rues tortueuses c'est Montmartre, et le soir c'est la folie totale ! Bref, une ville ou on aurait pu rester plus longtemps... Mais le programme c'etait surtout le Macchu Picchu et la Vallee Sacree. Nous sommes donc parties avec Charles, qui s ennuyait a mourir a Puno, pour les ruines de Pisaq, puis les cultures en terrasses de Moray et les salinas de Maras. Une bonne mise en bouche avant le Macchu ! Ensuite, le train jusqu a Aguas calientes, le village au pied du Macchu, nous fait arriver de nuit sous une pluie battante. Le lendemain, Maylis le petit cabri est montee a pied a 4h du mat et Carlos et moi en bus, tranquillou...Une fois en haut, vers 6h, le soleil est deja leve et decouvre les ruines gigantesques. Pas encore de touristes, on a le site pour nous !! La balade est incroyable, meme si on ne comprend toujours pas pourquoi, mais pourquoi, sont ils venus construire un truc aussi gros dans un endroit aussi inaccessible ????
Finalement, on y reste jusqu a ce que la pluie nous dégage, vers 14h. C'est vraiment un endroit impressionnant, les blocs de pierre sont gigantesques et le décor est phénomenal ! Pas trop de touristes, ce qui ne gache rien !!
Maintenant, nous sommes à La Paz, il fait très beau, très chaud, et les décorations de Noel sont sorties ! Le retour est donc prévu pour jeudi matin, arrivée à Nantes Atlantique vendredi à 14h !!!!!
Apres l altiplano limite desertique et un peu frisquet tout de meme,
nous nous sommes envolees pour Rurrenabaque avec Maylis, Charlotte et 2
amis canadiens, Sam and Gord. Deja, le vol lui meme vaut le detour
puisqu il s agit d'un petit coucou de 19 places... Nous montons tout de
meme dedans, pas tres rassurees !
Ensuite, arrivee 40 minutes
plus tard dans le departement du Beni, la partie Nord Est de la
Bolivie. Altitude 223 m, temperature moyenne annuelle 27º. Autant vous
dire qu´au debut de l ete, en saison des pluies, il fait tres chaud et
humide ! La ville est toute plate, au bord du rio Beni, les gens se
baladent tous en sandales et en jupes/shorts, premier depaysement !
Toujours
suivies de nos 2 canadiens completement barres, nous embauchons une
agence pour 3 jours dans la pampa puis 2 jours dans la selva (jungle).
Mais il faut d abord decrire nos compagnons de voyage, car ca vaut
aussi le detour !! Sam et Gord, respectivement 25 et 26 ans, tous les
deux "paysagistes" ( apres enquete approfondie ce sont en gros des
bucherons qui en plus replantent aussi des arbres) pres de Vancouver.
Sam est tres sympa, de beaux yeux verts et une bonne tete. Gord est
gentil, vraiment gentil, mais avec la mentalite d'un gamin de 13-14
ans... Donc il s est achete un horrible chapeau en cuir a cusco, il ne
sort jamais sans son "shank", c a dire son gros couteau/machette, il
decoupe les arbres avec pendant nos balades en foret, meme si le guide
a tout degage 10 metres devant lui, il joue une 1/2h a tarzan sur une
liane, il passe tout son temps torse nu, meme a table, alors qu il n a
rien de special... Bref, sa simplicite et son petit cote cowboy country
nous ont permi de nombreux fous rires ! Merci Gordon.... Derniers
details, avec son ami Sam, ce sont de vraies pipelettes, aucune chance
de voir des animaux avec eux dans la jungle, ils n arretent jamais !
Enfin, ce sont toujours eux qu on attend, car Gord a souvent besoin de
se coiffer, de se changer, bref, de se faire belle...
Pour nos
aventures dans la pampa d abord, nous avons remonte le rio yacuma jusqu
au campement. C est un petit rio, qui, en saison des pluies, deborde
dans les plaines environnantes, ca donne un truc qui ressemble au
marais poitevin ! Avec des singes, des crocos et des dauphins en plus
evidemment. Beaucoup d animaux donc, 5 especes de singes differentes,
des gros singes hurleurs aux petits cappucins, des caimans, des
alligators, des paresseux au ralenti, et une tonne d oiseaux en tous
genres. Le bouquet final, les dauphins roses, des vrais ce n est pas l
effet de l alcool, promis ! Ils nous ont donne l occasion de nager avec
eux, dans une eau tellement marron qu on ne pouvait pas voir ses
mains... Et la il vaut mieux eviter de penser que ces eaux sont aussi
frequentees par des crocos... Ensuite, sortie de nuit en bateau pour
debusquer les crocos, ces sacs a mains ambulants ont les yeux qui
brillent tout rouges a la lumiere des lampes alors c facile de les
trouver ! Autre experience, la recherche de l anaconda, 4h de marche
dans le marais avec des bottes, parfois de l eau jusqu a mi cuisses
(quand on sait que l anaconda vit souvent dans l eau...), plus une idee
tres stupide ma part : fouiller un tronc vide avec un baton... ce n est
pas un anaconda qui est sorti mais un essaim de guepes... seulement 2
piqures heureusement et maintenant je suis sure de ne pas etre
allergique ! En parlant de piqures, Maylis et Charlotte n ont
vraiment pas ete epargnees par les moskkitos... des grosses plaques un
peu partout et des demangeaisons atroces semble t il... Maintenant ca
va mieux, elles se sont bien frottees les jambes avec du citron, ca
pique mais apres ca soulage ! Bref, la pampa c etait genial, pas d
anaconda, mais sinon on a eu droit a tout, les paysages etaient
magnifiques et il n y a pas eu trop de pluie. Ensuite c la jungle...
La, le decor change completement, la vegetation est tres dense et toute
coloree. Pleins de fleurs, de papillons et d'insectes un peu partout.
Heureusement pour les jeunes filles a la peau sucree qui m
accompagnaient, il y avait bcp moins de moustiques dans la jungle ! Par
contre, a cause de la densite de vegetation, c est plus dur de voir ds
animaux... Nous avons tout de meme pu apercevoir plusieurs troupeaux de
cochons sauvages, genre pumba, sauf que leurs oreilles font en plus un
bruit de castagnettes quand ils se barrent en courant ! Avec Tumba,
notre guide completement loufoque, c plutot marrant ! Le soir, laissant
nos deux bucherons au campement dans les hamacs, nous sommes sorties
toutes les 3 avec Tumba dans la jungle de NUIT !! Frissons garantis,
surtout avec les blagues de Tumba et tous les bruits environnants.
Malheureusement (ou pas...) aucune trace de jaguar ou de puma... Ca
restera une experience inoubliable tout de meme !
Le retour a La
Paz fut lui aussi mouvemente, mais ca on etait prevenues ! La piste de
l aeroport de Rurre etant en terre, les avions sont bloques apres
chaque grosse pluie. Donc notre avion du retour prevu le dimanche midi
avait ete annule. Mais nos 2 Indiana Jones Canadiens avaient trouve un
plan de rechange : revenir en jeep a la paz, en compagnie d un allemand
qui ne pouvait pas rater son avion pour la maison. Et la, malgre tous
les trajets de bus de nuit des 6 derniers mois, jamais on n avait
atteint une horreur pareille ! La jeep secouait dans tous les sens, on
est partis a 22h le samedi pour une arrivee a midi le dimanche, tout le
monde etait serre, impossible de dormir, de la pluie et pas d essuis
glaces, et pour finir il fallait passer par la route la plus dangereuse
du monde, avec un chauffeur qui n avait pas arrete de conduire en 12h,
qui nous disait qu il etait fatigue et qui nous demandait de lui
chanter qqchose pour l empecher de dormir au volant... Finalement nous
sommes rentrees indemnes, mais bien malades, epuisees et degoutees des
jeeps pour longtemps !
Ca y est, nous avons tiré un trait sur notre travail, sur nos communautés, nos mamas, nos compagnons et amis de travail...et nos brebis !! Le rapport est terminé également, avec un bilan de 3346 animaux. Pour nos derniers jours à Potosi, nous avons profité des orages, de la pluie, de la télé et nous avons fait le tour de nos restos favoris pour nos adieux !
Ce mercredi, l'ONG voulait nous faire un repas tous ensemble pour se dire au revoir, prévu vers 15h. Habituées aux repas boliviens gargantuesques, nous avons préféré sauter le déjeuner, en se croyant intelligentes en plus... Mais nous avions oublié la légendaire ponctualité bolivienne ! Finalement, vers 19h, Felipe nous attaque avec sa bouteille d'alcool de papaye ui fermentait depuis 2 ans dans sa chambre. Quand les compagnons nous disent que Felipe n'aime pas boire, on rit jaune... Ensuite, le vrai repas commence, et pas n'importe lequel : la "Picana3, leur repas de Noel traditionnel. Comme d'habitude, des patates, des carottes, du poulet et du boeuf, mais cette fois avec du maïs et le tout avec des feuilles de laurier !!! Un régal, ca valait le coup d'attendre. Pour notre départ, nous avions prévu des petits cadeaux souvenirs pour tous nos compagnons, chacun à la hauteur de notre attachement, autant dire que le Doc n'a pas eu un gros cadeau ! De leur côté, Felipe et Carmen nous ont fait gravé des petites assiettes en argent de Potosi avec un message de remerciement, un peu kitsch mais tres touchant...
Après le repas, la soirée est elle aussi traditionnelle : le Karaoké bien sûr.... On a bien essayé de dire que le repas était déjà très gentil et qu'on ne voulait pas abuser de leur temps, mais ils étaient trop motivés pour lutter. Donc de 20h30 à 2h du mat', chansons romantiques typiques, pour nous quelques tubes anglophones sinon c'était même pas la peine ! Mais de les voir prendre autant de plaisir à se croire chanteurs, on s'est lancées nous aussi ! Ensuite tout le monde sur la piste de danse, même Carmen et Felipe, les boss ! Bref, bonne soirée en définitive et ca nous q permis de découvrir nos patrons d'un autre oeil. Les adieux le lendemain étaient beaucoup plus tristes, même si on espère revenir un jour prochain à Potosi et en Bolivie.
Depuis, nous sommes à La Paz, pour préparer notre tour en Amazonie bolivienne. L'actualité est un peu chaude avec beaucoup de crises en même temps : - la reforme de la loi INRA, pour racheter au grands proprietaires terriens les surfaces dont ils ne se servent pas ou mal pour les offrir gratos aux paysans sans terre ou tres peu de terre - le changement de fonctionnement de l assemblee constituante pour que les articles de loi puissent etre votes a la majorite simple (la moitie des gens, atteinte par les deputes du parti MAS au pouvoir) et non plus aux 2/3 de l assemblee. Donc les gens d EVO pourraient a eux seuls faire passer tous les articles qu ils veulent et refuser les autres - la nationalisation des mines, tres repoussee par les patrons des cooperatives et qui va deboucher sur les manifs de mineurs avec leurs batons de dynamite - la grogne generale dans la partie orientale de la Bolivie, les terres basses ou vivent les riches en gros, avec sans doute un referendum pour savoir si les habitants de cette region veulent se separer de la Bolivie et prendre les armes....
Cela fait beaucoup de mécontents en même temps, même si certaines mesures du gouvernement sont vraiment intéressantes. Une fois de plus, les riches propriétaires terriens font pression sur l'opposition pour refuser des réformes bénéfiques à l'ensemble du pays. Par contre, le coup de l'Assemblée constituante est parfaitement anti-démocratique... On va essayer de suivre de près l'actualité et notamment les bloqueos (barrages pour empecher la sortie et l'entrée des grandes villes, surtout La Paz). On ne pourra peut être pas aller au Pérou à cause de ces bloqueos, et il faut espérer qu'ils ne bloquent pas l'accès de l'aéroport pour le 14 décembre...
Pour l'instant, nous partons après demain matin pour Rurrenabaque en avion (si les gros orages le permettent, c'est tout de même la saison des pluies !). Le tour en pampa et jungle doit nous permettre de nous baigner avec des dauphins roses, de voir des crocodiles et anacondas, d'approcher des singes hurleurs et des paressseux et de pêcher des pirhanas ! Le seul (gros) problème : les moustiques pululent en cette saison....
Des nouvelles à notre retour d'ici 10 jours maximum !
Sans doute un de mes derniers messages depuis Potosi, le temps passe a une vitesse folle... Quoi de neuf depuis le Pérou ?
Tout d'abord la fete des morts, à La Paz, ou nous avons mangé une tantawawa, sorte de brioche en forme de bébé que l'on met sur les tombes, et qu'on n'est pas supposé manger...oups la boulette ! La Toussaint ici est un évènement très différent de la France, il faut construire des Tumbas dans les maisons des défunts récents, préparer la cuisine et les boissons qui lui plaisaient (la chicha coule évidemment à flot...), et la maison est ouverte à tous ceux qui veulent entrer. Il faut attendre le moment fatidique du courant d'air dans la piece, qui indique que l'âme du mort est arrivée dans sa maison... Les gens qui ont une "alma caliente", c'est a dire un defunt mort dans l'année doivent organiser une grosse table, pour que tous les visiteurs, amis ou parfaits inconnus, puissent avoir à manger et à boire : une fête des morts coute plus cher qu'un mariage...
Ensuite, nous avons repris le chemin de Potosi, pour un campo bien écourté ! Tout d'abord anniversaire de Maylis sur place, à Chalviri, le 8 novembre... Gros barbecue l'apres midi, puis debut des "festivites" vers 18h... avec le singani pour commencer ! Une des traditions boliviennes veut que l'on balance des oeufs et de la farine sur les cheveux de la personne qui fete son anniversaire, ca fait de tres bonnes photos ! Ensuite, tradition plus proche de chez nous, Maylis a du boire son mètre de singani sprite, mais ici pas de shot, alors ca fait plus mal... Du coup, grosse migraine singaniquesque et Maylis se couche vers 22h. Nos compañeros, deja bourres, l'ont curieusement laissee tranquille.
Pour moi, fin de la soiree vers 4h, ou 7h, je crois que je me suis relevee, et le lendemain fut plus que difficile... Tout le monde était malade, bien entendu, sauf la Maylis qui a profite de ce gros moment de detresse humaine pour prendre des photos (qui ne finiront sur aucun blog !). Du coup, retour a Potosi pour l apres midi, histoire d'agoniser dans un vrai lit !
Ensuite, retour au boulot, pour LA derniere communauté, Peregira Pampa. Des mamas adorables, qui ne voulaient pas nous laisser partir et proposaient de nous trouver des maris aupres d elles... Si c'est pas mignon... Bon, on a pas eu trop de mal a refuser quand meme, les Boliviens ne sont pas vraiment des canons, et surtout ce sont les pires machos du monde !
Nous voila a Potosi, l'excuse etant une rechute de salmonelle, et surtout nous avons fini les vaccinations !!!!! Nous y retournons demain matin juste pour un jour, il nous manque un "vaccinateur" a former. Donc dimanche, nous dirons adieu aux communautés, avec pas mal de tristesse quand meme. Nous avons recu un accueil plus que chaleureux et les femmes sont vraiment attachantes. C est un peu difficile de partir, avec l'impression de les abandonner et en se disant qu avec plus de temps on pourrait faire pas mal de choses pour elles.
A Potosi, c'est chaud en ce moment. Les etudiants font un mouvement de greve pour une raison obscure et manifestent dans les rues avec des charges de dynamite accrochees sur le corps, il y a toujours autant de petards et de defiles sans motifs, et en plus les orages arrivent... De la a dire que l ambiance est electrique... Il est temps qu on se barre !
Puisque nous rentrons plus tot que prevu, nous allons pouvoir terminer notre rapport lundi et/ou mardi et donc partir a La Paz plus tot egalement... Et la d'autres aventures commencent !
Nous sommes maintenant de retour a potosi, pour le dernier campo, la derniere ligne droite avant lesvacances et la france !
Mais avant d attaquer le mois de novembre, il nous fallait quitter le pays, pour ce foutu passeport avec visa de 90 jours.
Nous avons donc choisi le perou comme destination, et plus precisement arequipa, la 2eme plus grande ville du perou et surement la plus belle. Comme les villes d andalousie, tous les batiments sont blancs, grandioses et tres jolis.
La visite du monastere de santa Catalina est le passage oblige de la visite, avec ses petites maisons, ses patios, ses fontaines…le tout avec des magnifiques couleurs. Seul defaut, on a fini par apprendre que tous les murs avaient ete repeints en 1970 lors de l ouverture aux touristes…Donc en realite les pauvres nonnes ne jouissaient pas d un aussi Beau cadre de vie ! Sinon, visite en partie gachee par un policier mexicain qui se croyait au taf, voulait controler toute la visite, et ne posait que des questions sur les chatiments infliges aux bonnes soeurs…
Autre grande attraction de la ville : le canyon de la colca, 1er (ou 2nd selon les avis) grand canyon du monde. Tres motivees, on prend un trek de 2 jours aupres d une agence, pour faire le tour de ce fameux canyon. Apres une nuit blanche dans le bus, nous arrivons au depart du trek. Seulement nous deux, un anglais sympa et le guide. Premiere journee assez violente, marche de 8h du mat a 16h, pour descendre 1300m de denivele jusqu au fond du canyon: l oasis! Il fait chaud, on a bien transpire, alors le plongeon dans la piscine est un vrai bonheur ! Petit repas concocte par notre guide, et vers 9h on se couche epuises.
Le lendemain, il faut remonter jusqu en haut du canyon depuis l oasis : 1200 metres en 2h30-3h. Maylis releve le defi, moi je prefere remonter sur une mule, surnommee donkeycito. Donc depart a 3h du mat, les marcheurs avec des lampes frontales, et les mules a l instinct. Le debut de la remontee n apporte pas grand chose puisqu il fait nuit noire, mais lorsque le soleil commence a pointer le bout de son nez, les paysages sont magnifiques ! Arrivee vers 5h au sommet, on file prendre un petit dej pour aller ensuite en bus a la cruz del condor. Ce point de vue permet de voir tous les jours le vol des condors de tres tres pres… Pas de bol, apres 1h30 d attente, aucun condor… Qu on ne me parle plus jamais d el condor pasa…
La fin du voyage au perou est tres agreable, le shopping assez effrayant, les soirees sont internacionales avec d autres touristes, jeunes ou pas. On en reverra certains fin novembre. A signaler aussi, la soiree d halloween, superpopulaire, la rencontre avec un tare de brisbane, peglion a bien choisi sa destination, le deyabu et ses canadiens, l election de mister mundial 2006 et nuestra belleza mundial avc tous les miss et misters d amerique latine (sauf la bolivie, seraient ils tous moches ici ? OUI !), la creperie de l alliance francaise et tous nos passages la bas…
Ensuite quelques jours a la paz, dans la coloc de charles, pour se reposer, faire encore du shopping et tout envoyer en france (7kg pour maylis, 14 pour moi….), rejouer a la coinche et au tarot, ca commencait a manquer. Mardi matin depart pour le dernier campo, retour le 22, avec entre temps l anniversaire de maylis avec les compagnons de l ong qui insistent pour feter ca dignement… la pauvre !
Non, nous ne sommes pas encore devenues des brebis, et meme si la population nous integre un peu, nous restons francaises (pour preuve : nous revons d un bon repas fromage-vin rouge, de raclette, de tartiflette, de viande rouge...)
Il va falloir decrire ce dernier mois, rempli d episodes en tous genre, et pour ca, rien de plus pratique qu un inventaire a la Sarah : - vacciner 560 bestioles en un jour, le tout en mangeant 5 repas a base de patates offerts par les mamas - marcher 1 heure de nuit pour rentrer au camp de base, sans lampe, sans lune et toutes seules, le tout avec rivieres a traverser sur des petits cailloux, fossés et autres petits obstacles - vivre plus de 10 jours avec 2 hommes, dont le pire macho de Bolivie, qui ne t adresse pas la parole pendant 4 jours parce que tu refuses de lui faire la cuisine, et l autre compagnon qui pue a 3 metres - travailler seules avec des mamas qui ne parlent que quechua, qui te debitent toute leur histoire, meme si tu leur explique que tu ne parles PAS quechua - vacciner des brebis sous la pluie et meme sous la grele, la saison des pluies commence reellement ! La peau de brebis mouillee, ca glisse, et la brebis mouillee ca pue ! - faire une soiree avec nos collegues boliviens, avec leur alcool a 96°, dilue dans leur soda bizarre, et etre malades le lendemain (tres difficile de faire s arreter les Boliviens, ainsi que de refuser un "dernier verre")
- negocier pendant une heure et reboire quelques verres pour ne pas recommencer une autre soiree 2 jours plus tard - vivre dans un internat abritant une vingtaine de mâles boliviens qui te guettent et te sifflent quand tu sors de la chambre - danser avec les communautes, quand tu ne connais pas les pas, que tu es la seule habillee a l occidentale, et que tu as trop froid pour rester dehors - integrer un jeune sociologue francais tres sympa a notre equipe de terrain - le shopping a Potosi, dans les bijouteries, ou tout est gratuit ou presque - etre jury pour un concours de plats typicaux et gouter a 60 specialites locales...dedicace a la 113 !! - mettre sa main dans une truie... - le retour entre campo et Potosi sur la moto, derriere Jose
Maintenant on met les voiles sur le Perou, l excuse officielle etant de quitter le pays pour notre passeport. Depart mercredi soir pour La Paz, bus pour Arequipa, Trek de 2 jours, puis un jour a La Paz pour le shopping et le passeport.
Et oui, maintenant nous pouvons parler du campo en vrai, en profondeur, en large et en travers...
Après avoir passé 17 jours (dont 2 en escapade secrète a Potosi, mais chuuttt !) sur le campo, nous voilà de retour a Potosi, avec des images pleins la tête, des piqures, des bleus et des courbatures !
Pourquoi des courbatures ? Et bien parce que piquer une brebis (et encore plus une chèvre) c'est pas si simple... Déja, pour faire entrer un troupeau de 40 bestioles dans un corral qui n'est pas LEUR corral, mais celui de la mama la plus proche de nous, il faut beaucoup de temps, d'énergie, et beaucoup de monde ! Ensuite, faire comprendre en quechua a la mama qu'ont ne peut pas piquer les brebis enceintes (mana chichus ?) ni les trop petits (mais tellement mignons...). Puis on rentre dans l'arène. Une qui attrape la bestiole avec la mama, qui l'allonge sur le dos et qui lui écarte les pattes (elles aiment pas ca, et on les comprend !). L'autre qui prépare la seringue, dose le produit, pince la peau des cuisses (ca se dit "cuisses" pour une brebis ?!) et enfonce l'aiguille dans la peau pour injecter le produit. Là, différents problèmes peuvent survenir : 1º l'aiguille est ressortie de l'autre côté et le produit a été injecté dehors 2º tu as oublié de doser le produit et tu n'as rien injecté 3º la brebis est en fait une chèvre (ou pire un Bouc, dédicace a Tof...) et elle remue autant qu'elle peut. C'est vraiment stupide de sa part, vu que du coup on le/la pique plusieurs fois, et que parfois on se pique nous même (si si, je me suis vraiment auto-déparasitée...)
Conditions de logement : Géniales !! Tout le campo nous avons habité dans un poste de santé avec Rocio, la trabajadora social superstitieuse, et Angelica l'infirmière trop gentille. Donc soirées cartes, ragots et ... tricot ! Nous avons toutes les 2 commencé nos écharpes en laine et j'en connais qui vont avoir des jolis pulls a Noël...! Faut dire que lorsque le soleil se couche (18h) on se retrouve aux bougies (le dernier responsable du poste s'est barré avec ses affaires et les cables !!!). Alors vers 18h30 on mange et vers 19h30, on dort ! Question alimentation (très important pour les membres de la 113, n'est-ce pas ?!), plats très souvent bons, si on ne fait pas attention au nombre de féculents par repas (soupe de pâtes et patates puis oeufs frits avec riz et patates...). A 7h, le soleil nous réveille et les mamas commencent a taper à la porte pour consulter Angelica ou pour nous amener leurs brebis ! Autre point sympa : on avait de l'eau pour se laver et laver nos vêtements, le grand luxe ! Meilleurs souvenirs, en vrac : - les couchers de soleil sur les sommets voisins, avec chaque soir des couleurs différentes mais toujours magnifiques - le sourire des mamas qui sont venues nous voir pour nous remercier, nous dire que leurs chères brebis sont saines, sans aucune garrapata (sorte de pou avec une grosse poche de sang, assez flippant ! voir photo) ni autre parasite - les parties de foot avec les jovencitas, mon premier but (et mon début d'asthme au bout de ... 2 minutes, on est a 4000 m quand même !) - la préparation du festival organisé par l Ong en octobre, avec concours de chants et danses traditionnelles, concours de cuisine, élection de la Reine (et faut voir la tête des candidates, leurs dents surtout : elles sont toujours les plus vieilles !), concours de foot, et pleins de jeux sympas genre relais avec une cuillère dans la bouche, la-dite cuillère contenant un oeuf cru... - les pauses pipi avec Maylis, le soir avant de se coucher, sous un ciel rempli d'étoiles - le vol des condors au dessus des troupeaux de brebis (devinez pourquoi ils font ca...) - le retour a Potosi dans le 4*4 de Ruben avec "Born to be alive" et "Pretty baby" a fond...
Bref, un campo riche en découvertes, notre vocabulaire quechua avance, nous avons déjà vacciné 1.167 brebis/chèvres et pour octobre, elles devraient être 3.000 !!!
Pour plus de photos, voir mon blog ou celui de Maylis
On est le 3 septembre, donc le rituel du campo recommence... Départ demain matin, 6h, pour le gentil petit bled de Taco Taco, environ 150 habitants et 300 brebis/chevres. Cette fois ci, le campo durera bien 20 jours et nous ne serons pas des observatrices mais des ... vétos ! Oui Monsieur !
Pour expliquer un peu tout ca, on a monté avec Maylis un projet de déparasitation des brebis et des chèvres dans les communautés. Donc on a fait une recherche de marché, un calcul du budget, et samedi matin une formation avec des vrais vétos sur 6 brebis... Si on est pas prêtes avec tout ca ! Donc moi je pars demain matin, Maylis sera a La Paz avec son chéri jusqu a mercredi et devrait nous rejoindre jeudi ou samedi. La premiere partie du campo consistera a repérer les corrals pour coincer les bestioles, a vérifier auprès des mamas qu'elles pourront bien payer les vaccins, et leur faire des petits cours sur les parasites. Ce dans chacune des 5 communautés de la zone de Migma. Ensuite on refait un passage dans les mêmes communautés, cette fois pour les PIQUER !!! En moyenne 450 brebis par jour, à nous 2 plus une personne de chaque communauté que l on va former pour les campagnes de déparasitation suivantes.
En parallele, les filles de l ONG vont aider les mamas a préparer un festival fin octobre, avec concours de cuisine, de chants, de danses, de soins médicaux et de travaux manuels. Donc le soir, nous allons apprendre a tricoter (au programme de septembre : une écharpe !), à faire des petites poupées avec des bouts de laine, à cuisiner les spécialités locales (malheureusement, toujours en combinant patates, riz, pates et carottes...) et bien d autres surprises ! Peut être même se mettre au foot avec les mamas, même si on aura pas les jupes pour ca...
Gros bisous a tous, et rendez vous le 23 septembre pour avoir des nouvelles et des photos de brebis...
Me voila rentrée en Bolivie, et le travail n'attend pas !
Apres avoir pensé changer de projet car nous n'avons trouvé aucun financement extérieur, nous avons recu le rapport sur les mamas du campo. Elles sont pretes a payer plus que nos estimations, donc on continue notre projet de déparasitation des brebis et meme on le commence en septembre au lieu d octobre. En effet, nous allons passer 20 jours dans la meme zone en septembre, et 20 jours dans l autre zone en octobre.
Donc cette semaine rendez vous avec des vetos, comparaison des prix des produits, seringues, aiguilles... ; achat des marchandises ; formation sur le terrain samedi matin pour apprendre a piquer des brebis et chevres ; et préparation du sac pour le départ, fixé a dimanche ! Je partirai seule avec Rocio et Angelica car Maylis profite de sa fin de vacances avec Mathieu.
Au programme : 5 communautés, 1900 bestioles (chevres et brebis), la collecte des sousous, la formation des mamas sur les parasites, et l'organisation des futures campagnes sans nous. C'est sur, nous on croyait faire un campo de septembre juste pour organiser tout ca, et la on precipite un peu les choses, mais on aura plus de temps pour s'occuper des bestioles, et c'est CA qui compte, non ?! (et vive le bien etre animal...). On espere pouvoir faire un mini diagnostic agraire en meme temps, mais faut pas trop esperer non plus.
Demain, visite des mines de Potosi avec les 2 tourtereaux et je continuerai mon boulot (j'ai deja du dessiner une brebis et des parasites pour les cours aux mamas, moi qui ne suis pas douée en dessin...).
Ce week end, puisqu'après le campo l'équipe a quelques jours de libres, nous sommes parties à Tarija, la villa andalouse. Pourquoi andalouse ? Bah parce que le climat est très chaud, le sol très sec et aride, les maisons plutôt blanches, ils y font pousser des oranges et des citrons, du vin, et le fleuve qui traverse la ville s'appelle le Guadalquivir !
Premier jour, (jeudi) on arrive et il fait chaud ! On se balade dans les rues en t-shirt, croyez moi après Potosi c'est super agréable... On se fait un bon resto le soir, la proximité de l'Argentine fait qu'ils servent beaucoup de très bonne viande. Mmmm le bon steak saignant ! On fait le tour des agences (en fait il n'y en a qu'une, donc c'est dur de baisser les prix !). Finalement on se décide pour l'excursion dans la Cordillère de Sama, une réserve biologique, pour le vendredi et la visite des caves le samedi matin (le bus pour Potosi est à 16h30 le samedi, ca laisse peu de temps !). Au total, on réussit à baisser de 8 dollars chacune, joli !
Vendredi, excursion ! On se retrouve toutes les 2 dans un gros 4*4 avec chauffeur et guide, tranquilles ! On monte sur l'Altiplano au dessus de Tarija (les tarijeños sont très fiers de pouvoir dire que leur ville possède tous les attraits, altiplano, vallées tropicales et les caves bien sûr !). Beaucoup de route, enfin de piste, pour arriver aux lagunes salées, oú vivent de nombreux flamants roses, sur fond de montagnes. Très joli, et assez déconcertant de voir ces pauvres oiseaux dans le froid bolivien ! On regarde, on prend des photos et on essaie de les faire voler, mais décidément il fait trop froid pour eux. On continue le chemin vers les "arenales", soit des grandes dunes de sable super fin, juste déposé au pied des montagnes, va savoir comment ! C un petit écosystème à part, et sûrement une énigme géologique, mais on ne s'y est pas attardées !
Pour revenir, on s'arrête chez la famille du chauffeur, Don Luis, car son oncle est revenu hier de france avec sa famille et il veut qu'on les rencontre. On le suit, et là on se fait recevoir commes des reines ! Ils nous offrent le chuflay (singani = alcool local à base de distillat de vin + sprite) et le repas, trop bon d'ailleurs. On discute avec les francais, qui ont une maison de vacances à Préfailles, c'est à dire a 10 km de Tharon-Plage pour les connaisseurs ! Très sympas, ils habitent dans le Sud et nous offrent leurs Calissons d'Aix (oui oui, en Bolivie, qui l'eut cru ?!). Finalement, la propriétaire de la maison nous invite à rester dormir chez elle plutôt que de changer d'hôtel (car le premier était froid, désert et sans eau chaude). On se tate, on n'ose pas accepter, mais la dame est tellement gentille, et la maison tellement jolie... Vive l'hospitalité de Tarija !
Ce matin, c'était donc la visite des caves. Après avoir quitté notre famille d'accueil fort sympathique, on part pour "el valle de la conception", berceau de tous les vins boliviens. Il est 9h30, on a pas trop soif... Après une demi heure de route, en compagnie de notre guide, d'une apprentie guide et d'un couple de québécois (très sympas, mais quel accent !!) on visite la plus célèbre cave de Bolivie, La Conception. Rapide tour des salles de matûration, on croise quelques futs de chêne mais le reste du vin est dans d'énormes cuves en je-sais-pas-quelle-matière. On apprend qu'ils mettent des colorants etc. dans leur vin. Bon, certes. Ensuite, grand moment, la dé-gus-ta-tion ! Le premier, San bernardo, est un mélange de différentes variétés, et il a 2 ans. Vraiment pas bon !! On pense ne pas finir le verre, mais là le gars sort une bouteille de 12 ans et si on veut goûter le 2ème, faut finir le 1er... Allez, il est au moins 10h30 ! Manque de bol, le 2ème a une jolie couleur, mais ca s'arrète là !! Pour finir, il nous sert du Singani pur (40º qd même). Et là on se force pas à finir, sinon la journée est foutue ! On quitte la cave un peu dépités, les Québécois aussi ! Ensuite, visite de la "Casa Vieja" ou se fabrique du vin artisanal. Nouvelle surprise : ici ils ne rajoutent pas de colorants ou de levures pour la fermentation, mais ils laissent le vin fermenter AVEC les peaux, pépins de raisins etc... On fait le tour de la cave, la maison a du charme. Ensuite, dégustation de "Cholero", sorte de mélange de vin et d'un autre truc non identifié. Grosse surprise : c'est notre muscat ! En blanc mais aussi rouge et rosé !!! Et c'est vraiment excellent (on s'est ramenées une bouteille de rosé, très spécial !). Ca nous permet de rentrer moins bredouilles de cette visite. Par contre, si on vous propose du vin bolivien (la Conception exporte en France...) refusez !!!
Ca y est, enfin sur le campo ! Première impression : on s'ennuie !!!Après un déjeuner léger (mélange de pâtes, patates, oeuf, bout de viande, le tout dans un bouillon), nous sommes allées nous balader un peu dans Chalviri. 1er problème : c'est tout petit = 200 habitants dispersés en groupe de 2-3 maisons (et faut bien chercher !). 2nd problème, on ne parle pas Quechua et eux ne parlent pas espagnol (sauf exceptions). Donc après une première petite balade ou on a rencontré le Monsieur des Lamas (qui parle espagnol, ouf !), puis une escapade a la riviere pour manger en cachette du pain et du chocolat (il n y a plus de pain frais, c est ca d acheter du pain pour 20 jours, a la fin il est plus terrible...). Ensuite, quelques pendus (oui oui, on en est arrivées la !) et il n'est que ... 16h ! Retour a la "maison" = une grande salle genre 15m*4m, ou des lits ont été montés dans un coin, ou on cuisine, et qui sent pas bon (on sait pas encore si ca pue le "mâle" ou les cochons qui trainent un peu partout...). Normalement, on se couche vers 19h30 après le repas. Ce soir : 2 verres de riz pour 6, des patates et quelques sardines. Il nous reste donc au moins 2h a occuper, sachant qu on a oublié les bouquins ! Point positif : les paysages sont magnifiques. Ah, et aussi, on a fait un tour en moto. Bon, quand Ruben nous a demandé si on voulait "apprendre", on pensait que c était pour conduire...Erreur ! Je sais pas si c'est du machisme, mais il nous a seulement appris a monter derriere lui...Dommage !
Chalviri, le 19/07/2006
Bon, je commence par une rectification : on ne mourra pas de faim ! Hier soir, repas plus que copieux ! Tellement qu on n'a pas pu manger nos cookies en cachette ! Bonne ambiance, jeux de cartes boliviens... Seul bémol, ils sont vraiment trop trop machos ! Dans la pièce, 3 hommes : le docteur Alain, Ruben l ingénieur en irrigation et Guillermo l infirmier qui pue ; et 3 filles, nous deux plus Rocio, la trabajadora social. Et devinez qui a fait la bouffe hier soir et la vaisselle ce matin ?!Pauvre Rocio, elle les chambrent un peu pour qu'ils participent mais entre les cartes et le basket, ils sont débordés et ils lui rient au nez...!
Ensuite, après le tour de nuit autour de la maison pour "aller aux toilettes" (bien sur il n y en a pas) . On rentre, et la, tout le monde est deja au lit, lumière allumée. Grande question : comment se déshabiller ?! En gros on se partage 1 lit de 1 place et 1/2 avec Maylis, à moins d un metre du mec qui pue...On finit par se mettre en jean dans le duvet. Une fois la lumière éteinte (environ 21h), paye ton fou rire pour se deshabiller dans le duvet dans le noir ! La nuit e été très difficile : 1º le mec qui pue s'est mis à ronfler au bout de 5 minutes. 2º on n'avait pas sommeil. 3º on avait froid aux jambes et 4º pas facile de dormir quand dès que tu bouges tu tombes sur Maylis...
Après cette nuit presque blanche, lever vers 10h, petit dej et donc vaisselle avec Rocio. Comme vous pouvez le voir, je ne parle pas de la douche, ou même de se laver et ce n'est pas un oubli de ma part. Un peu de cuisine puis distribution des déchets aux cochons (facile, il suffit de tout mettre devant la porte, les cochons sont en liberté et se chargent eux mêmes du ramassage des ordures !). Il est presque midi, il va falloir s occuper jusqu a 19h...
Il est maintenant midi pile, et après un petit tour de reconnaissance, je suis complètement sûre qu'il n'y a rien à faire dans ce bled paumé. là, tu te dis "j'irai bien aux toilettes, tiens, ca va m'occuper", surtout que vu la cuisine, le malaise intestinal (et les vers solitaires ?) nous guette à chaque bouchée... Donc c'est parti pour trouver un coin tranquille. Sauf que CA N'EXISTE PAS !!! Partout il y a un petit chemin qui mène à un groupe de maisons, et avec pile des petites collines pour cacher l'arrivée des inconnus. Ca a l'air plutôt con comme histoire, mais sur le moment c'est pénible !
Même jour, 17h30...
C'est la folie, le temps a passé trop vite ! Après un repas à base de ... devinez... Patates bien sur !, nous sommes parties à la recherche de Doña Antonia. C'est l'une des rares femmes à très bien parler espagnol et elle pourra répondre à toutes nos questions sur l'agriculture. Comme indices : on cherche une femme, enceinte de 6 mois, qui habite "par là bas" (mas alla). On est parties, et on ne parle pas un seul mot de quechua ! Finalement, les gens comprennent ce qu on leur demande et nous indique par mot ou par gestes. Finalement, on tombe sur une dame très gentille, bien jeune pour avoir deux fils de 11 et 13 ans. Elle nous répond très gentiment, et c'est rapide vu qu'ils ne cultivent que des patates, des fèves, de l'orge et du blé ! Niveau travail des champs, à part labourer avec les vaches ou les ânes, semer et récolter, nada más ! Ils ont d'ailleurs plus des champs de cailloux que de patates, et les pentes des terrains sont parfois très impressionnantes ! Grosse différence avec le Dev' (développement agricole pour les non-initiés) en France, c'est qu'ici tu essaies d'arriver EN DEHORS des heures de repas, parce que si tu veux gagner la confiance des gens, tu n'as pas le droit de refuser ce qu'ils t'offrent (même si c'est pas lavé, pas épluché ou pour la viande pas assez cuit...). Enfin, après avoir autant travaillé (...), c'est la pause au bord de la rivière, avec le pain, le chocolat, les cookies et mème le vino dulce (sorte de Porto en plus sucré) !
Marquiri, 20/07/2006
Ce matin, réveil à 6h, après une seconde nuit blanchâtre en compagnie de Maÿlis. Et à 6h, croyez moi, il fait plus que froid ! (dans les -5º, toujours sans chauffage). On a "dormi" habillées pour ne pas avoir à s'habiller dans le froid. Sortie du lit, un café, un beignet et basta ! On crève de faim... 1/2h de 4*4 pour se rapprocher de la communauté suivante "Muyu Muyu". Puis 40 minutes de descente sur le flanc de la montagne, sac à dos plutôt lourd (mais 1 pour 2, on tourne !). Arrivée a Muyu Muyu à 8h30, la réunion avec les mamas est à 10h ! Et l'école ou nous attendons est au fond de la vallée, donc pas encore au soleil. Faim et froid = génial ! On réussit à s'éclipser pour manger un cookie à 2 : le luxe ! Puis les mamas arrivent, avec des âges parfois durs à déterminer. Les plus jeunes mères ont 15 ans, jusqu'à 38 ans. On ne voit presque aucun homme. La plupart des femmes élèvent leurs enfants seules, parfois suite à un viol les jeunes ne disent même pas qui est le père car c'est quelqu'un de proche... Assez horrible ! Les femmes écoutent les conseils du docteur, même si en réalité ce sont les hommes qui décident de leurs vies (âge minimum ou maximum pour avoir un enfant, contraception pour limiter le nombre d'enfants..). Le problème, c'est que les hommes vont tous travailler plus loin, car il n'y a presque pas de terrains cultivables dans ces montagnes. Donc chaque fois qu'ils reviennent sur le campo voir leur femme, ils ne repartent pas tant qu'elle n'est pas à nouveau enceinte : comme ca ils sont sûrs qu'elle ne va pas les tromper... belle mentalité ! ensuite, après les vaccins, la pesée des enfants, toutes ces femmes vont jour au foot... Très impressionnant ! Après les patates 8oui encore !) offertes par la communauté, c'est parti pour la seconde communauté de la journée : Marquiri. Départ à 13h30, arrivée à 16h (les heures les plus chaudes, et c'est vraiment chaud !9. Bonne grimpette pour commencer, puis assez plat et enfin grosse descente jusqu'a l'école, qui est complètement paumée au milieu de nulle part ! Bon soulagement, le rythme de marche de Rocio est plus lent que le nôtre (par contre les deux mecs galopent ). Les gens sont trop gentils (et un peu curieux de nous voir ), les enfants sont trop mignons et les paysages... grandioses. On voit vraiment les Andes de l'intérieur. Et là, on est dans le Municipio le plus pauvre de Bolivie, qui est elle même le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud. Au moins, on pourra se rendre utile, forcément !.
Chalviri, le 23/07/2006
C'est la fin de notre première aventure sur le campo. Ce WE, taller de capacitacion avec les parteras (sage-femmes) et centinelas (responsables de détecter les maladies et d'envoyer les gens aux postes de santé). En tout 35 mamas et hommes des 12 communautés nous ont rejoint à Chalviri. Ca fait beaucoup de cuisine et beaucoup de vaisselle, et vu qu on se rend pas trop utiles le reste du temps, c'est nous qui lavons et épluchons... les patates bien sûr... (y en a marre des patates !). On assiste quand même aux cours donnés par le docteur, en quechua (...), heureusement qu'il y a les dessins ! Il fait participer tout le monde, pour leur apprendre les premiers secours (gros fous rires des femmes pendant la démonstration du bouche à bouche). Tout se déroule dans la bonne humeur, même si on reste un peu les atractions locales. En plus l'ONG nous a chargées de prendre des photos des moments-clés, ca aide pas les femmes à nous oublier ! Au cours du WE, elles s'habituent à nous, on parle avec quelques unes deja rencontrées a Muyu Muyu et Marquiri. Contacts avec les hommes/centinelas aussi, avec quelques gros lourds vraiment trop directs pour draguer (et beaucoup trop vieux aussi !). Enfin, on a des arguments en béton : chacune notre chéri, et si ils insistent, on leur dit que les hommes sont trop machos ici (là ils peuvent pas nier !). On lie contact avec les femmes grâce à leurs bébés qui nous sourient sans arrêt, on échange quelques mots de quechua, et c'est nous qui aidont pour distribuer la nourriture. Bre, on est vraiment contentes de les revoir en septembre ! Entre les cours et les repas, on continue avec le foot, décidément hommes et femmes sont accros ! On a pû repérer quelques très bonnes joueuses, Soizick on pense à toi !
Malgré tout, on est contentes de rentrer à Potosi, une bonne douche chaude nous attend (5 jours sans se laver c'est long !), et un repas sans patates ! On retournera sur le campo le 3 septembre, cette fois-ci pour 20 jours !
Petit résumé du programme : on part mardi matin 8h sur le campo...
Sachant cela, on a travaillé avec Felipe comme de bonnes petites traductrices jusqu a samedi midi (2h en fait ) sur le dossier de candidature pour une demande de fonds. La bonne surprise, au moment de partir en week end, a été de se rendre compte que tous les CV de l équipe étaient en anglais... nonnnnnnn !
Ensuite, le samedi, shopping, repos, shampooing avec la bassine (expérience qui reste périlleuse), le café mirador de l église de la Merced (encore des touristes français, mais sympas !). Pour finir, on se lance et on réserve le trekking de Kari Kari pour le lendemain... D apres l agence 6h, dont 3h de montée, dénivelé de 1000m, puis descente de 2h. J avoue que moi, j étais pas forcément très confiante... Maylis est beaucoup plus habituée que moi aux ascensions en montagne. Bon, on est là pour visiter en même temps, et puis sur le campo, ca va monter aussi, alors je signe !
Ce soir dimanche, je suis plutôt rouge (malgré la crème solaire indice 100 appliquée régulièrement), je n ai plus de jambes, un certain nombre d ampoules, et je suis crevée... Mais ca valait la peine ! Des lagunes magnifiques sous le soleil, ou viennent s abreuver pleins de troupeaux de lamas tout mignons (ok, ca a pas l air très malin un lama...). Des montagnes impressionnantes, surtout avant de les escalader ! Bilan, presque 4h de montée, un pique nique de hamburguer de lamas, un guide très sympa, intéressant et surtout très patient pour m'attendre... Oui, comme prévu j ai galéré !!! Arrivés à un col, tout de même 4800 m (sachant qu on est partis de 4000m et des brouettes), je laisse Maylis et le guide, Oscar, escalader les pierres du sommet, loin, loin, à 5200 m... La petite sieste a l ombre (et surtout a l abri du vent) d une grosse pierre est plutot agréable. Apparemment la vue panoramique du sommet aussi, je ne verrai que les photos, tant pis !
Ce soir, on en a encore plein les yeux, la montagne était magnifique, avec encore des traces par endroits de la grand-route en pierres taillées construite par les conquistadores au moment de créer les lagunes. Beaucoup de lamas (ca tombe bien, on en avait pas encore vus, seulement mangés !), un soleil toujours présent et des couleurs splendides avec le coucher de soleil... Départ a 9h30, arrivée a Potosi a 17h... On va bien dormir ce soir !
Demain on s autorise la grasse matinée, on va mettre un papier sur la porte de l ONG pour qu ils ne viennent pas taper a la porte a 9h30 (on habite encore juste sous les bureaux...). D ailleurs, après le campo, on s est décidées a déménager : on a été voir un petit hotel très "djeun's", le Koala Den (nid de koala non ? anglophiles aidez moi !!), où on va louer une chambre double 10 jours par mois, pour 10 euros la nuit, avec salle de bain, et surtout les meilleurs douches de Potosi ou presque : gros débit, eau chaude 24h/24. En plus, une cuisine commune, bibliothèque, dvd, ... On va revoir les prix a la baisse avec le patron en septembre, puisque c est la fin de la saison. Bref, ca devrait être la fin de la vie a la dure (du moins a part le campo...).
Décidément, les Boliviens sont de petits blagueurs....Ou alors ils sont tres mal organisés ?
Nous devions partir mercredi a midi, c'était pas une blague de notre part en tout cas...Mardi on nous apprend que Felipe a un travail de traduction a faire avec lui. Ok, tres bien, on passe pas mal de temps au soleil devant notre chambre a attendre qu il revienne a l ONG, on y passe meme tout l apres midi, jusqu a ce que Carmen nous dise qu il ne va pas revenir au bureau...
Consequence...je vous laisse deviner ! Felipe prefere qu on reste a Potosi avec lui pour bosser sur un dossier de candidature en anglais pour une fondation americaine qui donne des subventions. Le dossier est a envoyer avant le 17 juillet et Felipe ne parle pas anglais (il pouvait pas nous le demander plus tot ??!!). Donc notre départ est une fois de plus reporté, cette fois au lundi 17 juillet (quand on pense que le depart officiel etait le 3...). En Bolivie, décidément, faut se fier a rien !
Du coup, on se pose une question cruciale et entetante : que va t on faire ce week end ?? Retourner a Sucre, c est un peu rapide, et puis ca va pas nous reposer avant le campo de lundi (oui, on continue de croire qu on va y aller !). Les mines, mais c moins animé le week end. Les bains de Chaqui...comment dire ? on prend pas trop le temps de s epiler ici, alors c pas possible ! On a deja prevu une seance shopping, car Carmen nous a repeté que sur le campo, il faisait TRES TRES froid.
Nous qui pensions partir hier soir, c est encore raté ! Aux dernieres nouvelles le depart est prevu pour demain midi, mais l voiture est chez le garagiste...suspense ! De toute facon une fois de plus nos sacs sont prets, un peu plus legers puisqu on ne part que 12 jours ! Et ca devrait etre un premier campo tranquille. Arrivee mercredi a Chalviri. Le lendemain Carmen nous emmene en voiture a une autre communaute (perejil ?). Le vendredi repos. Samedi on va a je-sais-plus-quelle-communaute a pied mais c proche de chalviri. Enfin le jeudi Carmen commence un taller (atelier) de formation a Chalviri jusqu au dimanche. Donc au pire on marchera de samedi a mercredi (un jour de repos entre temps ??).
Deuxieme bonne nouvelle, Chalviri, qui sera notre QG, a de l eau !! Un rio qui passe juste a cote, donc avec nos petites pastilles magiques on devrait pouvoir s en sortir. Reste le probleme du froid (plus intense qu a Potosi...). Carmen nous conseille d emporter du Vino dulce, car d apres elle, avec le froid la pression corporelle baisse et on ne peut pas dormir, d ou le vino dulce pour remonter la tension... On a des doutes, et pour le moment on ne s est pas achete d alcool ! De toute facon on sera surement crevees le soir et probleme de tension ou pas...
Pour notre dernier jour a Potosi, on se permet donc quelques plaisirs. A commencer par la grasse matinee de ce matin (11h30 je crois ?!). En effet, on a recu hier un francais sur la fin de son tour du monde, rencontre a Sucre, et avec lui on a decouvert le seul bar ouvert apres 22h un lundi soir... El Paraiso, karaoke/boite, ou se retrouvent les boliviens mais aussi tous les touristes de passage. Resultat couchees a 1h30, apres notre WE a Sucre, pas facile ! Donc on commence par une grosse grasse mat'. Ensuite petite salade de crudites au soleil dans la cour, pas mal de discussions marrantes avec les chicas de la voisine... Cet aprem, on devait (enfin !) avoir un boulot a faire pour Felipe, une traduction anglais/español ou l inverse, mais on ne l a pas revu donc pas de travail... On va finir l aprem dans le marche central pour ensuite aller se manger un filet mignon dans le meilleur resto de Potosi (ce coup ci on pense vraiment partir sur le campo !!).
Et oui, nous sommes aujourd hui dans Sucre, la ville blanche (et egalement capitale du chocolat en Bolivie...hé y a des trucs qui changeront jamais !).
L argument de notre venue : un passage au Consulat de France pour notre histoire de papiers. Bilan : on laisse tomber toutes les formalités demandées par l immigration de Potosi, et on s arrange pour quitter le pays et y re rentrer 2 fois. De mon cote, de toute facon je vais au Mexique voir Vincent du 2 au 25 aout, donc ca marche pour le mois d aout. Maylis ira quant a elle avec Mathieu a Cuzco au Perou a la meme periode. Ensuite, il faudra se faire une virée en Argentine sans doute vers la fin octobre...
Apres ce problème enfin réglé, on a pu profiter d un bon repas a l Alliance Francaise de Sucre ( un poulet au curry, pas forcément LE plat francais...) avec fromage et dessert ! Ensuite visite de l Iglesia de la Merced avec sa terrasse/vue sur la ville plutot sympa (c'est le seul interet d ailleurs !). Enfin on retrouve un couple de francais rencontres a Potosi pour une bonne petite biere locale... Il fait vraiment plus chaud qu a Potosi, c'est agreable ! D ailleurs on a deja repere l Alliance francaise et son ecran super geant pour le match de dimanche... C'est un des endroits de Bolivie ou il faut etre pour avoir de l ambiance (les Boliviens sont majoritairement pour l Italie, tout comme ils etaient pour le Bresil, le Portugal et l'Espagne... Isolées, nous ?!
Ce soir, on goute aux musiques andines... Concert "Bolivie Perou Equateur" dans une pizzeria avec le couple de francais, qui ramene son couple d amis belges, esperons que ce ne soit pas un diner de c... (je n ai aucun prejuge sur nos amis belges non non !).